Publication sur le blog d’une ancienne enfant cachée, Meira Barer

« Hier j’étais au cimetière,

Ce soldat que j’accompagnais à sa dernière demeure n’était pas mon fils, mon petit-fils, mon frère,  mon père, mon oncle, mon cousin, mon voisin,

Il avait 20 ans ou bien 19 ou peut-être 22,

Il était « hayal boded » ce qui signifie soldat seul en hébreu,  sans famille en Israël,

Je ne le connaissais pas,

Tout comme les milliers d’autres venus lui dire adieu,

Lui dire merci,

Lui dire combien on l’aimait,

Combien il allait nous manquer,

Manquer à son pays,

Et que nous étions là  pour partager la douleur de ses parents à qui il manquerait à tout jamais.

Ce soldat venait de Lyon et il était « monté » seul à 16 ans.

Il était Golani, la plus prestigieuse unité de l’armée d’Israël,

Il est mort au combat pour défendre son pays, la Nation,

Son Peuple, sa famille,  nous, moi,

A Lyon et surtout à Paris on manifestait, des hordes furieuses faisaient le siège des synagogues et l’on criait à nouveau « mort aux juifs » ,

C’était aussi la commémoration de la Rafle du Vel d’Hiv,

Le Premier Ministre a fait un beau discours,

Les Notables  aussi,

Les juifs ayant vécu cette époque se sont cantonnés dans leur posture habituelle de victime, la seule autorisée quand on vit en Europe et surtout en France,

Alors moi, la rescapée dont la place est restée vide au milieu d’eux,

Moi bien vivante et combattante dans mon pays en guerre,

Au cimetière d’Ashkelon,  j’ai prié et j’ai pleuré pour Jordan,

Venu de France pour me défendre,

Mort à Gaza les armes à la main »

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