QUI SONT LES ENFANTS CACHÉS ?  PENSER AVEC LES GRANDS TÉMOINS

Colloque au Mémorial de la Shoah à Paris le 1er juillet 2012

co-organisé par Jacques Fredj, Directeur du Mémorial de la Shoah et Nathalie Zajde & Catherine Grandsard,  M.C. Université de Paris 8, Centre Georges-Devereux.

Argument

Qui sont les « enfants cachés » ? Qu’ont-ils vécu ? Que sont-ils devenus ?

Un « enfant caché » est un sujet qui dans son enfance, a été caché pendant la Shoah pour échapper à l’extermination. Il a généralement été séparé de ses parents. Il a souvent dû renoncer à son identité juive durant la période de persécution meurtrière. Au lendemain de la guerre, il s’est souvent trouvé l’un des rares survivants de sa famille et a de nouveau dû changer d’identité.

Cette définition concerne aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le monde –  essentiellement en Israël, en Europe – surtout en France – en Amérique du sud et du nord et en Australie.

À lire une telle définition, on comprend qu’« Enfant caché » est une proposition hybride, qui renvoie à plusieurs champs des sciences humaines : histoire, psychologie, sociologie, droit, sciences politiques, psychiatrie et ethnopsychiatrie.

On parle d’ « enfants cachés » depuis la création des premières associations internationales d’enfants cachés au début des années 1990. Cette catégorie émerge quelques 50 ans après les faits. Les « enfants cachés » sont en réalité des sujets largement adultes, souvent grands parents. On suppose donc qu’il existe un lien de causalité  entre la singularité de ce que l’enfant juif a vécu pendant la Shoah et son être devenu adulte. Reste à définir ce lien de causalité.

Parce que la catégorie « enfant caché » a réussi à s’imposer au sein des sociétés où les anciens enfants cachés ont grandi, et où la Shoah est un événement pensé et commenté régulièrement et publiquement ; parce que les associations d’enfants cachés rassemblent plusieurs milliers d’individus et parce que la notion concerne plusieurs centaines de milliers de sujets ; enfin, parce que les enfants cachés sont des survivants de la Shoah, il apparaît nécessaire de réfléchir sur les implicites d’une telle notion et sur ses implications autant psychologiques, sociales, juridiques, politiques, que géo-politiques.

Quelles sont les conditions d’émergence d’une telle catégorie ? Quelle en est la pertinence ? Réveille-t-elle des souffrances enfouies ? Est-elle une assignation au statut de victime ? Au contraire, est–elle source de mieux être ?  Est-elle à l’origine de réactions et de comportements sociaux spécifiques ? A-t-elle un avenir ? Peut-elle concerner d’autres populations ? 

L’exploration de ces thématiques nous permettra de comprendre qui sont les enfants cachés, ce qu’ils ont vécu et ce qu’ils sont devenus.

Ces questions seront discutées à l’occasion du 70ème anniversaire du début des arrestations et déportations des enfants juifs de France, lors d’un colloque qui réunira des chercheurs en sciences humaines et sociales, des intellectuels, des politiques et pour la première fois en France, plusieurs grands témoins anciens enfants cachés en France pendant la Shoah, dont certains sont spécialistes de la thématique.

Intervenants: Laure Adler, Eliezer Ben Rafael, Catherine Clément, Boris Cyrulnik, Jacky Fredj, Catherine Grandsard, Anne Grynberg, Katy Hazan, François Heilbronn, Judith Hemmendinger, Joseph Joffo, Serge Klarsfeld,  Liliane Klein-Lieber, Bernard Kouchner, Israel Lichtenstein, Tobie Nathan, Adolf Nysenholc, Nathalie Zajde.

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