Catherine Clément

Ils ont changé de noms et de prénoms, ils ont appris à faire le signe de croix et comment suivre une messe, ils sont devenus de parfaits petits chrétiens et puis, la guerre finie, Adolf Hitler réduit en cendres, ils sont redevenus de petits juifs. Quand ils ont retrouvé leurs parents -pour ceux qui n’avaient pas été assassinés-, ce ne fut pas sans douleur. Jamais dans la joie simple. Certains sont très célèbres: Boris Cyrulnik, Serge Klarsfeld, André Glucksmann, ou encore Pavel Friedlander, changé en Paul-Henri Ferland, et devenu Saül Friedlander en Israël. Le plus illustre d’entre eux fut un nourrisson né en esclavage, condamné à mort par Pharaon, un bébé que sa mère confia aux eaux du Nil et qui fut recueilli par la princesse fille de Pharaon. L’Égyptienne lui donna un nom, Moïse, et l’éleva comme un prince. Le petit juif caché devint le libérateur de son peuple, et tel fut souvent le moteur de ceux qu’on appelle les « enfants cachés » depuis leur première réunion internationale en 1991 à New-York. Ils eurent le don de la survie, et ils ont transformé la cruauté de leur enfance en force de résistance exceptionnelle.

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